On meurt encore de paludisme ?

Je suis choquée, désolée et abattue de voir qu’en Afrique nous continuons à mourir de paludisme, de poliomyélite, de fièvre typhoïde et autres pathologies.

Cela peut faire sourire certaines personnes car généralement en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire, le paludisme ou du moins le « djakoidjo » n’est pas vraiment une maladie sérieuse. La preuve en est que tout le monde se moque quand quelqu’un affirme souffrir du paludisme car pour eux il n’y a pas de raison d’en faire une affaire d’Etat.

Bref, je veux dire que je trouve inadmissible que nous restions là à ne rien faire pendant que des centaines d’enfants meurent de ces maladies.

Je me souviens qu’en 2010, lorsque nous participions au Youth Leadership Program à Washington DC, une de nos amies malienne a eu un malaise. A l’hôpital, on nous informa qu’elle souffrait du paludisme et qu’il fallait qu’elle y reste quelques jours encore car le spécialiste en paludisme se trouvait dans un autre Etat. On en revenait pas, en fait le paludisme est tellement rare, ou plutôt n’existe quasiment pas, qu’il faut un spécialiste pour la guérir. Heureusement, elle a recouvré rapidement la santé.

A l’époque, cela ne m’a pas interpellé, j’avais juste un peu honte qu’une maladie si fréquente chez nous, n’existe pas dans ce pays. Mais aujourd’hui après avoir assisté à la soutenance de mon frère en chimie organique, j’ai compris un certain nombre de choses.

En effet, les chercheurs manquent cruellement de moyens et de matériels pour développer leur recherche et découvrir de nouvelles molécules qui pourront constituer des remèdes. Du coup, ces chercheurs se focalisent sur les résultats de leurs collègues des pays occidentaux. Or le hic c’est que ces pays en ont fini avec les maladies comme le paludisme donc leurs chercheurs ne perdent plus de temps à se consacrer à ces maladies, ils se penchent plutôt sur le SIDA et autres. Ce qui fait que nous, ici en Afrique, sommes obligés d’utiliser les anciennes molécules qu’ils ont découvertes et qui ne sont plus vraiment efficaces contre ces maladies. Voilà pourquoi nous choppons toujours le paludisme et que chaque jour des milliers d’enfants meurent du paludisme en Afrique.

Et c’est cela qui me dérange, qui me fend le cœur car nous savons les causes mais comme des insensés, nous mettons juste le sparadrap sur la plaie au lieu de la soigner.

Des centaines de milles sont dépensés dans les campagnes contre le paludisme, dans la distribution de moustiquaires qui ne sont souvent pas utilisées par les populations ; c’est bien, je ne dis pas que c’est mauvais mais je veux juste qu’en aval on essaie de soutenir la recherche, de permettre à tous ces docteurs et spécialistes dans les sciences d’apporter leur plus à l’Afrique. Certains qui s’en sortent essaient eux-mêmes d’avoir des laboratoires mais combien le peuvent ? Aussi bien intentionnés soient-ils, ils ne pourront pas faire vivre pendant longtemps leur laboratoire.

La santé n’a pas de prix, et c’est aussi un indice de développement (je crois inh !), alors tout en construisant des routes, pensons à équiper nos laboratoires, à former nos chercheurs afin qu’ils finissent par trouver.

Les autres ne viendront pas en arrière pour nous tirer d’affaire, c’est à nous de prendre nos responsabilités, c’est à nous de régler nos propres problèmes !

Là-bas on ne meurt plus de cela,  ici on en meurt encore !

 

 

 crédit photo : tchadinfos.com

 

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